Une ZAD pour faire barrage à la technopole ?


Sainte-Colombe-en-Bruhlois accueillera-t-elle la première « Zone à défendre » de Lot-et-Garonne ? C’est demain samedi que se réuniront les personnes ayant répondu à l’appel de Jospeh Bonotto, agriculteur, dont les terres sont concernées par un projet de zone d’activité. Mais pour l’heure, personne ne sait vraiment ce qui va naître de ce rassemblement. Même pas les intéressés.

Qui est concerné ?

En premier lieu Joseph Bonotto. L’agriculteur est engagé dans un bras de fer avec l’Agglo d’Agen depuis plusieurs mois. En cause, le projet de technopole Agen-Garonne porté par la collectivité et qui s’étendra sur plus de 200 hectares, englobant la ferme de Joseph Bonotto. Pour défendre son « droit à cultiver ses terres », il a fait appel à une association basée à Marseille, Filière Paysanne. La structure présidée par Jean-Christophe Robert est spécialisée « dans la préservation des terres agricoles » et porte des combats au niveau législatif contre des PLU jugés trop gourmands. « C’est la première fois que l’on se lance dans la dynamique des ZAD, explique le président, nous sommes dans une phase de préparation. »

C’est quoi ce projet de ZAD ?

Cela dépend de quel côté vous vous placez. Côté institutionnel, c’est une « zone à aménagement différé ». Comme l’est ce projet de technopole Agen-Garonne porté par l’Agglo qui souhaite installer une zone d’activité et attirer des entreprises en vue des futures infrastructures espérées (LGV, échangeur autoroutier, pont de Camélat…). Côté militant, l’acronyme signifie « zone à défendre. » Là c’est clair, il s’agit pour les opposants d’occuper une zone, pacifiquement dans la plupart des cas, et de faire barrage aux bulldozers administratifs. Dans le cas de Sainte-Colombe, la ZAD prendrait racine sur un terrain privé, les propres terres de l’exploitant lot-et-garonnais.

Quelles conséquences ?

Le résultat de la mobilisation sera connu dès samedi. Soit les militants décident de l’occupation et se transforment en zadistes en « cultivant de façon collective les terres » jusqu’à l’abandon du projet soit ils ne donnent pas suite au mouvement et réfléchiront à d’autres formes de contestation. En attendant, pourquoi pas, le renfort d’autres contestataires, comme les anti-LGV, qui pourraient venir grossir les rangs.

Gauvain Peleau-Barreyre

Quelles réactions du côté des politiques ?

C’est l’embarras. Les plans de l’Agglo sont visés et ses élus sont partagés entre l’idée de se taire pour ne pas souffler sur les braises et celle du ras-le-bol de passer pour « des méchants ». « Il met en avant la défense de ses terres mais il cherche juste à en faire monter le prix, peste le vice-président Bernard Lusset, c’est se foutre de la gueule du monde surtout qu’il voulait les vendre à des promoteurs… » Du côté des Verts comme Maryse Combres, qui était présente lors de la venue de José Bové en avril dernier dans la ferme en question, la ZAD « est une initiative citoyenne » mais elle ne cache pas son « soutien » et tacle le projet de l’Agglo « qui n’est pas pensé et pas structurant »

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