Valls à Agen : le PS 47 entre opposition et loyauté


Ce qui n’était qu’une rumeur il y a quelques jours a pris subitement corps. Oui Manuel Valls reviendra fouler la terre de Lot-et-Garonne. Le Premier ministre devrait même être accompagné de son ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, déjà venu en éclaireur en avril dernier.  Pour l’instant aucune information officielle n’est venue  confirmer cette visite, l’agenda de l’exécutif ne pouvant se permettre le luxe d’un calendrier figé des semaines à l’avance. En revanche, ce qui est sûr, c’est que le ministre Matthias Fekl a bien sur son bureau marmandais une fiche de déplacement du tandem gouvernemental. La préfecture également reçoit consignes sur consignes pour assurer ce déplacement dans l’orthodoxie sécuritaire qu’imposent l’état d’urgence et Vigipirate.

Motus et poches garnies 

« Vous voulez dire qu’il ne pourra pas rencontrer les Agenais ? Quel dommage… » Ironique cet élu socialiste ? Assurément. Car le Premier ministre divise jusque dans son camp. Quand, en d’autres temps (au hasard à la veille d’une élection), les figures nationales n’hésitent à serrer des paluches, ce 6 octobre sera un déplacement de travail. L’enjeu, ici en Lot-et-Garonne et plus particulièrement à Agen, c’est de décrocher l’agrandissement de l’Ecole d’administration pénitentiaire. Un groupe d’élus sera reçu au ministère de la Justice le 11 octobre, mais si le dossier peut être approuvé dès maintenant, ce serait toujours ça de pris. On n’imagine pas Lucette Lousteau, députée d’Agen-Nérac ou Pierre Camani, président du Département et sénateur, parler de Montebourg ou Hamon (deux des adversaires déclarés à la ligne gouvernementale) à Valls. Surtout que le Département a demandé 20 millions d’euros pour venir à bout de ses dépenses sociales… « Si nous n’avons pas cette somme, vous allez m’entendre », avait déclaré Pierre Camani, pressant, légèrement, le Premier ministre de s’activer…

Le travail avant la primaire

Cette distinction entre visite de travail et tournée prosélyte est mise en avant par la première fédérale du PS en Lot-et-Garonne : « Ce n’est pas son rôle de rendre visite aux militants maintenant, explique Sandrine Laffore, le gouvernement est au travail et c’est dans ce cadre là qu’il vient ». Réponse très diplomatique de la première dame en rose qui réfute pourtant toute langue de bois : « Je suis loyale avec le parti, si les militants m’ont élu ce n’est pas pour tirer sur tout… Même s’il est vrai que je n’ai pas été d’accord avec tout… » Des courants qui pourront s’exprimer au moment des primaires… Pourtant certains camarades, notamment dans le groupe d’opposition municipal à Agen ne cachent pas leur différence de vue avec Manuel Valls et le gouvernement, appuyant ouvertement (du moins sur les réseaux sociaux) les autres candidats déclarés à la primaire. Ainsi Emmanuel Eyssalet, ancien candidat à la mairie d’Agen, ou encore son ancien directeur de campagne Jean-Pierre Claverie, délaissent la ligne sociale-libérale incarnée par Valls et ironisent allègrement contre les mesures dites de « droite » prises par leur parti.

Les jeunes sont contre 

Le Mouvement des jeunes socialistes de Lot-et-Garonne lui aussi ne se réjouit guère de cette visite. « Le MJS 47 n’a jamais été sur la ligne Valls, indique sa porte-parole, nous sommes majoritairement contre la politique menée actuellement. » Pour ces derniers, Valls est le parangon d’une social-démocratie honnie par la base. Et donc les jeunes. « On ne s’y retrouve pas ! C’est une politique qui est antipodes de nos valeurs ».
La guerre des roses est bel et bien enclenchée et le Lot-et-Garonne, connu pour la diversité de ses cultures, n’y échappe pas.

Gauvain Peleau-Barreyre

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