Vide sanitaire : quelles conséquences économiques ?


Ils n’étaient déjà pas optimistes lorsque le vide sanitaire avait été annoncé en début d’année, ils ne sont pas plus rassurés par sa mise en place depuis le début de la semaine. Les éleveurs de palmipèdes du département font face actuellement à l’une des plus fortes crises que traverse leur secteur. Un secteur qui faisait figure de locomotive du monde agricole mais qui est sommé de rester  à quai, et ce pour plusieurs semaines.

10 millions de CA pour la filière
L’influenza aviaire qui avait éclaté dans un élevage de Dordogne en novembre 2015 a contaminé plusieurs sites (soixante-dix-sept au total), dans la quasi totalité des départements du Sud-Ouest… sauf en Lot-et-Garonne. Mais ses éleveurs paieront quand même le prix du principe de précaution, sans compter les autres acteurs de la filière et les sous-traitants. Si, pour l’heure, aucune évaluation précise n’a été évoquée, les quelque 200 éleveurs lot-et-garonnais s’attendent à perdre entre « 30% et 50% de leur chiffre d’affaires ». Un jeune agriculteur installé à Brugnac rencontré lors de la manifestation organisée par la Coordination rurale à Agen en début d’année évoquait parle lui d’une perte sèche, dès le début du vide sanitaire, de 30 000 euros. Le président de la Chambre d’agriculture, Serge Bousquet-Cassagne est même plus précis : selon la taille de l’exploitation, les pertes pourraient s’élever de 5 000 à 50 000 euros. « C’est simple, vous amputez un tiers de l’activité d’une entreprise. Et en Lot-et-Garonne, la filière élevage de palmipèdes représente environ 10 millions d’euros de CA. » Ce qui reste relativement modeste face au coût de 270 millions d’euros pour l’ensemble de la filière régionale, avancé par le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog).

Vide sanitaire jusqu’au 16 mai
Le vide sanitaire est une mesure radicale de confinement des canards et oies qui ne peuvent donc plus être en liberté afin de limiter les risques de contamination avec les autres animaux, sauvages ou domestiques. La transmission à l’homme est, quant à elle, écartée. D’autres mesures de prophylaxie sont conseillées, comme le détaille depuis plusieurs semaines la référante de la Chambre d’agriculture, Tiffany Massalve. Elle dispense ainsi plusieurs formations dans le département : « Les éleveurs sont en demande d’informations sur les mesures à prendre, les décrets d’application, les dossiers d’aides ». Ce dernier volet pose particulièrement problème puisque les barèmes de subventions ne sont pas encore connus localement. Tout juste sait-on qu’une partie de l’indemnité sera versée en juin et une autre en août, selon les évolutions de l’épizootie. Des fonds ont été débloqués par l’Etat (une enveloppe de 110 à 130 millions d’euros), la Région ou le Département. Le vide sanitaire est prévu pour durer jusqu’au 16 mai pour les canards à gaver, les salles de gavage pourront continuer jusqu’au 2 mai.    

Gauvain Peleau-Barreyre

Confinement (aussi) pour les poules des particuliers

Les professionnels de l’élevage qui suivent les formations dispensées par la Chambre d’agriculture connaissent sur le bout des doigts les mesures sanitaires à mettre en oeuvre durant cette période de vide sanitaire : délimitation du terrain, tenue vestimentaire adaptée, désinfection, traçage des visites et de l’eau d’abreuvement en surface…
Autant de règles que doivent également adopter les particuliers qui disposent, par exemple, de gallinacés. Les poules « poubelles » distribuées par quelques collectivités sont visées par ces mesures. Ils doivent encager leurs animaux et en faire la déclaration en mairie, selon les directives préfectorales.      

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