Villeneuve // Dans une atmosphère de campagne…


Il semble que l’approche des élections change la donne du côté de l’hémicycle villeneuvois. Car à n’en pas douter, les passes d’armes et de bons mots échangés ce soir-là entre le maire Patrick Cassany et les têtes de file de l’opposition que sont Etienne Bousquet-Cassagne pour le Front national et Loïc Joly pour l’UMP et l’UDI résonnaient comme les premiers balbutiements d’une campagne en vue du scrutin départemental. Les couteaux politiques s’affûtent…

Un PLU à l’Agglo
Ainsi, la première salve est partie dès la délibération n°10. Le sujet portait sur le transfert de compétences à l’agglomération villeneuvoise de l’élaboration et de la gestion du Plan local d’urbanisme. Une décision justifiée par le maire Patrick Cassany comme logique : « Elle permettra d’avoir une cohérence politique sur tout le territoire, notamment sur les terrains constructibles ou non, et simplifiera la vie du citoyen lambda qui ne comprenait pas pourquoi, à quelques centaines de mètres de distance, la donne changeait… Juste parce que les terrains n’étaient pas sur le même PLU et la même commune ».
Cependant, Etienne Bousquet-Cassagne, pour le Front national, déplorait « la mutualisation et le transfert de compétences qui diminuent les pouvoirs des communes ». « Nous ne voulons pas d’une fusion de la commune dans l’agglomération. Nous voterons donc contre. » Le maire n’a pas longtemps hésité avant de rétorquer : « Vous n’êtes pas cohérents. Ce transfert de compétences a été voté à l’unanimité lors du conseil d’agglomération, y compris par votre parti… Et aujourd’hui vous votez contre ? » Et de continuer. « Il n’est pas ici question de supprimer quelconque pouvoir aux communes, surtout sur le PLU, sujet délicat pour tous les maires. Il est clair dans mon esprit que toutes décisions se fera en concertation et dans le dialogue. Je ne prends pas la mutualisation comme la panacée à l’image de certaines autres agglomérations. Et je ne suis pas partisan de la méthode agenaise où le président fait marcher les communes à la schlague ».

Un budget discuté
Un autre point provoquait plus tard des échanges vifs : le budget prévisionnel a été revu à la hausse, pour 520 000 euros. Un ajustement expliqué par l’équipe municipale sur plusieurs points : la revalorisation des salaires des fonctionnaires territoriaux, la réforme des rythmes scolaires (qui a finalement coûté 50 000 euros de plus que prévu) et des recrutements au sein de la Ville. D’emblée, le leader frontiste regrettait que ces dépenses supplémentaires n’aient pas été anticipées… Patrick Cassany rétorquait alors que la somme représentait 1,5% du budget et qu’il n’y avait rien de scandaleux : « Nous ne pouvions anticiper la réforme des salaires… » De son côté l’UMP soulevait la contradiction d’un recrutement aux ressources humaines en pleine période de restriction budgétaire : « Nous investissons sur l’avenir » rétorquait Patrick Cassany. « Cette personne est là pour améliorer notre gestion des ressources humaines et ainsi diminuer les coûts de fonctionnement ».
C’est alors que la politique nationale venait se mêler au débat par la voix, quelque peu ironique, de Loïc Joly, élu de l’opposition : « Justement, concernant les dotations de l’Etat en diminution, nous sommes inquiets. Vous qui semblez avoir vos entrées au ministère, ne pourriez-vous pas en toucher deux mots ? » Et de se voir répondre par le maire : « Si je suis monté sur Paris, c’est parce que votre ami et député ne l’a pas fait. Et c’est parce que votre autre ami, Agenais, cette fois-ci, voulait que le financement du Pont de Camélat se fasse au détriment du Villeneuvois… ». A n’en pas douter, ce conseil municipal avait des allures de campagne électorale…

Annabel Perrin

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