Vincent Inigo, du carré vert au grand angle


Vous connaissiez le sportif, vous allez découvrir le photographe. Ex-rugbyman formé au SUA, avant de passer pro à Bayonne et Castres puis de porter le maillot bleu de l’équipe de France à VII aux derniers J.O. de Rio, Vincent Inigo a réussi à faire de sa deuxième passion, la photo, son second métier. Il est désormais à la tête de son propre studio, aux côtés de son frère, Sébastien, vidéaste et demi-de-mêlée de l’US Colomiers Rugby. « La photo est une passion qui m’a toujours animé, explique-t-il. Sûrement que mon grand-père, qui me prenait tout le temps en photo à l’époque de l’argentique, y est pour quelque chose. » Il démarre dans ce milieu en 2010 sur les bords de la Nive, alors qu’il évolue à l’Aviron Bayonnais depuis 5 ans. Il effectue une formation, grâce à Provale (ndlr : syndicat des joueurs de rugby professionnels français), chez un photographe professionnel avec son coéquipier Jean-Jo Marmouyet. « L’objectif était de faire une exposition commune en fin d’année, explique l’ancien trois-quarts centre ou ailier. Je l’avais faite sur les expressions illustrées du rugby : la cravate, l’arrêt-buffet, la passe de maçon… C’est de là que tout est parti » Ses clichés sont particulièrement remarqués et ses œuvres s’arrachent.

Allier photo et rugby

De 2010 à 2012, il rejoint le Castres Olympique durant deux saisons. Mais après environ 100 matchs de Top 14 et de Coupe d’Europe dans les deux clubs confondus, il se dirige ou plutôt il retourne au Seven, une discipline dont il avait été champion du Monde universitaire à Rome en 2006. « A l’époque, le rugby à 7 n’était pas encore professionnel, se rappelle-t-il. Mais ensuite mes copains, Pierre-Gilles Lakafia, mon coéquipier à Castres, et Damien Cler, avec qui j’ai fait toute mon école de rugby au SUA et suis devenu champion de France Espoirs en 2003, m’ont rejoint en équipe de France ». Durant cinq ans, il est sous contrat fédéral avec la FFR et devient très rapidement un maillon essentiel de l’effectif de Frédéric Pomarel. « C’était une chance inouïe pour moi de pouvoir pratiquer mes deux passions : le rugby et la photo. Lors de chaque étape du tournoi mondial, j’embarquais mon appareil et j’ai des milliers de photos de la terre entière : Dubaï, Sydney, Hong Kong, Tokyo, Wellington, Le Cap… » Après 38 tournois internationaux de rugby à VII et 121 points inscrits en 134 matchs, Vincent Inigo arrive au terme de son contrat l’été dernier et décide de raccrocher les crampons suite à une dernière saison minée par les blessures.

Des piges pour le LNR et la FFR

Avide de nouveaux challenges, il décide, à la rentrée dernière, de créer son atelier de photo et de vidéo avec son frère Sébastien, d’un an son cadet. La SARL Inigo Brothers est née. A 34 ans, le natif de Bayonne mais Agenais d’adoption, est revenu au pays pour installer son studio sur les bords de Garonne. Attiré par la composition photographique et le jeu des contrastes, ses spécialités sont la création artistique et le design graphique. De ses clichés urbains à Paris ou New York jusqu’aux portraits en passant par les photos de mode, de mariage, de sport ou encore de cuisine, le travail de Vincent est représentatif de sa griffe, avec des angles sous le signe de l’insolite, de la tendresse, du glamour, de la fantaisie, mais avant tout de la passion. Suite à ses trois expositions sur les expressions du rugby, la tauromachie et les monuments parisiens, il connaît sa première expérience professionnelle dans la capitale. « Je devais réaliser la plaquette de présentation d’une nouvelle émission de poker sur W9 présentée par Estelle Denis, se souvient-il. Il y avait des maquilleuses et des coiffeuses de partout, ça m’a fait vraiment bizarre. » Aujourd’hui il retrouve avec plaisir l’univers du rugby pro puisqu’il travaille pour la LNR et la FFR. La semaine dernière, il a réalisé les clichés du XV de France masculin et du Seven féminin et masculin à Marcoussis avec son frère à la vidéo. A terme, il aimerait se lancer dans la photo de bijoux pour collaborer avec ses parents et son jeune frère Romain, bijoutiers sur Agen. En parallèle, il est en train de valider son brevet technique d’ULM à Montpezat afin d’obtenir son permis drone. « J’essaye de me perfectionner tout le temps car chaque branche est bien spécifique et je veux être le plus complet possible ». Si il se consacre pleinement au lancement de son projet professionnel, Vincent n’a pas pour autant totalement coupé avec le ballon ovale puisqu’il effectue une dernière saison à l’AS Layrac (Fédérale 3), aux côtés de son frère Romain et de son ami d’enfance Damien Cler, avec qui il forme encore la paire de centres, vingt après. « Dans le staff, j’ai aussi retrouvé Eric Bourdeilh qui était mon coach en Reichels à Agen et Mathieu De Carli, un excellent copain. Tout est réuni pour que je me régale dans ce club familial et convivial ». La passion et le plaisir, maîtres-mots de Vincent Inigo.

Simon Galinier

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