Yvon Setze, le franc-tireur du 47


Voilà maintenant trois mois que la Chambre des métiers et de l’artisanat de Lot-et-Garonne a un nouveau chef à sa tête. Yvon Setze, 64 ans, et ancien apprenti, est sorti vainqueur des élections consulaires d’octobre 2016. « Je remplis un peu plus le sac à dos des responsabilités », euphémise celui qui avait conduit la liste « Fiers d’être artisan ».

Faire mieux que les prédécesseurs
Ce sont d’ailleurs à ses camarades du métier qu’il adresse ses premiers mots : « Ma responsabilité, ce sera d’aider mes collègues artisans ». Pendant la campagne, il a martelé le même mot d’ordre : la proximité. Un axe de programme qui a fait mouche, selon l’intéressé, promettant « une Chambre sur le terrain, qui couvre l’ensemble du département et qui sera ouverte à tous les professionnels du secteur ». Premières dépenses prévues, les 15 millions d’euros nécessaires pour rénover le Centre de formation des apprentis et le mettre aux normes. Politique de formation, présence et écoute des artisans, autant de thèmes qu’avait déjà mis en route Philippe Bazzoli, son prédécesseur, mais que le nouveau président veut amplifier, quitte à faire siffler les oreilles de l’ancienne équipe. Et de détailler les postes que ses protégés ont rallié à la Région : trésorier, présidence de la commission des Appels d’offres, présence à la commission des Finances… : « Le Lot-et-Garonne était sous la coupe financière de la région, avec notre présence dans ces instances, nous souhaitons que notre département soit aussi bien traité que la Gironde, par exemple. En quelques mois, on a déjà fait plus que nos prédécesseurs en cinq ans », explique-t-il.

Les collectivités dans le viseur
Il est sûr que la faconde naturelle du personnage aide à diluer les attaques, mais il n’en reste pas moins offensif quand son secteur est menacé. Et ce qui énerve Yvon, c’est de voir les collectivités se refaire une santé financière sur le dos des artisans. « Les collectivités profitent de leur déséquilibre budgétaire pour racketter le monde des entreprises, sans aucune raison la taxe foncière sur les bâtiments locatifs a parfois été multipliée par 3 dans le seul but de rééquilibrer leurs comptes. Ce sont les artisans qui paient l’incapacité des collectivités à gérer leur argent. »
Autre bête noire, le politique « très compréhensif en tête à tête mais qui oublie tout une fois qu’il y a du monde et qu’il faut défendre notre position ».

Charpentier, maire et globe-trotter
Il faut dire qu’il les connaît bien, les femmes et hommes politiques du département. Lui-même maire de sa commune de Montagnac-sur-Lède, il est également le référent régional de Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France. Et probable candidat aux législatives du parti souverainiste… « Rien ne m’en empêche, il faudra voir dans les prochains mois », détaille celui qui  fait également valoir ses expériences à la tête de la FFB47 et de la CGPME. Mais s’il s’engage  dans la campagne, ce sera avec un seul but d’ordre : aider et transmettre. « Je ne cherche pas la reconnaissance, ma vie d’homme est accomplie, et mon devoir de responsable est d’améliorer la vie de mon prochain. »
Pour ce faire, il puisera dans son histoire personnelle, celle d’un jeune idéaliste (un temps plume pour le journal au ton « caustique » Le Réveil Fumélois dans les années 70) qui a monté son affaire de charpenterie (toujours en activité) et a ensuite pris partie pour la cause des enfants en fondant l’association « Orphelins sans frontières » qui a oeuvré dans les théâtres de conflits, comme au Rwanda.

Gauvain Peleau-Barreyre

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