ZAD : voilà, c’est fini


RAS à la ZAD. Il n’y a plus rien à signaler. Les derniers militants qui avaient élu domicile sur les terres de Métalé ont levé le camp. Un peu à la surprise générale. Du moins du voisinage. « Du jour au lendemain », à en croire les riverains. Quand précisément ? Rien n’est sûr. Aussi difficile que de cerner le mouvement et ses nombreuses motivations, la chronologie de leur départ reste encore floue. Une chose est sûre, il n’y a plus de ZADistes sur les terres de Joseph Bonotto. L’agriculteur et membre d’associations avait, avec plusieurs collectifs, appelé en décembre 2014 à la création d’une Zone à défendre (ZAD) pour ne pas voir le technopole Agen-Garonne (TAG) arriver sur ses terres. La cinquantaine de membres fondateurs avait été rejointe par plusieurs sympathisants, essaimant sur les terrains alentours et prenant possession de maisons destinées à la destruction. L’intervention des forces de l’ordre, quelque 500, avait sonné le glas de ces occupations illégales le 31 mai dernier. « S’il faut dire une date, on parle de celle-là, confie un des ZADistes historiques, qui lui a quitté les lieux depuis déjà plusieurs semaines. C’était le début de la fin pour nous. L’Agglo, la préfecture ont eu ce qu’ils voulaient. » Une poignée s’était quand même repliée sur Métalé. Avant de partir donc. Dorénavant c’est une ZAD fantôme qui prend place sur les hectares de la propriété. Les constructions initiées par les militants sont toujours debout. Mais vides. Des tasses de café, des lits de camp ou des duvets sont toujours là mais sont vides, aussi.

« Défendre les terres »
« On voulait continuer le mouvement, se relayer, mais on ne va pas se cacher, regrette ce même militant, la volonté n’y était plus. » Ni les personnes. La petite dizaine de militants qui continuait de faire vivre le coeur de la ZAD se seraient faits « débordés ». En cause, l’arrivée de plusieurs autres personnes, « pas les plus sensées », comprenez « qui n’avaient pas de convictions écologistes » ou encore « des marginaux », qui auraient fini de diluer « la cause » dans des discours moins structurés. Une théorie de pourrissement passif que soutient Joseph Bonotto. « Comment vous expliquez que personne ne pouvait passer, les routes étaient bloquées, mais il y a quand même des gens qui ont réussi à venir et s’installer alors qu’ils n’étaient pas les bienvenus ? Ils ont été instrumentalisés par les forces de l’ordre ? Je ne sais pas. »
La désertion de la ZAD ouvre néanmoins une nouveau chapitre dans le livre (presque) sans fin du TAG. Les terres du lieu-dit de Sainte-Colombe ne sont pas concernées par les travaux de la première tranche. De même, des épisodes judiciaires sont encore ouverts. Mais cela ramènera peut-être, comme le souhaite Jospeh Bonotto, la lumière sur les vrais enjeux du secteur. « Les ZADistes ce n’était qu’une petite partie du problème, assure-t-il. Nous avons accepté des gens qui avaient une idéologie et qui se battaient pour la terre. » L’agriculteur veut donc que le débat se recentre sur la défense des terres. Et continuera de lutter, aux côtés des collectifs, associations et politiques locaux qui le soutiennent, pour faire valoir son point de vue. Avec plusieurs atouts dans sa manche qui augurent de nouveaux développements. 

Gauvain Peleau-Barreyre

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