Antoine Erbani, taille patron


Le visage est encore tuméfié, quatre jours seulement après une défaite amère. Preuve que le combat face aux Catalans fut rude : « Honnêtement je m’attendais à pire » sourit néanmoins l’intéressé qui se souvient « d’un match aller à Aimé-Giral où on avait chargé physiquement. Là je trouve qu’on a largement rivalisé dans ce secteur ». Petite satisfaction qui ne masque pas un échec qu’Antoine a eu d’abord un peu de mal à évacuer : « On était très triste dimanche après la rencontre parce qu’on avait ce match largement à notre portée. On fait une très bonne première mi-temps et puis comme d’habitude on laisse l’adversaire revenir en gérant mal nos temps faibles. C’est dommage… »
Symbole de ce raté, la dernière touche à cinq mètres de la ligne perpignanaise qui, si elle avait été captée par les Agenais, aurait assuré à n’en pas douter la victoire des Bleus et Blancs : « Raph (Lagarde, NDLR) trouve une super touche sur la pénalité et derrière on gâche cette munition ». Erreur de jeunesse de l’alignement agenais comme affirmé par le président Alain Tingaud chez nos confrères du Petit Bleu ? « Je ne veux pas m’exprimer sur ce genre de choses, c’est inutile. On est des grands garçons et, qui plus est, on a suivi le plan de jeu qui consistait à éviter Karl Château. L’Usap a fait un pari sur ce lancer. Ils avaient une chance sur dix, c’est tombé de leur côté. Point barre ».

Antoine, tout sauf une élucubration
Le taiseux a parlé, le sujet est donc clos. De toute façon, le regard est tourné depuis longtemps vers la revanche de dimanche : « Perpignan n’est pas une équipe facile à jouer mais attention nous non plus ! Les gens nous enterrent peut-être un peu vite, ils oublient que depuis deux ans on est souvent compétitif dans les grands rendez-vous. On a répondu présent dans le combat et en conquête il y a quatre jours. Je ne vois pas pourquoi dimanche, sous prétexte que l’on joue chez eux, on ne parviendrait pas à reproduire pareille copie. Si on est plus vigilant en défense et que la réussite est de notre côté, on ne sera pas loin de la vérité ». Un discours empreint de détermination qui sied parfaitement à celui qui, en deux ans seulement, est devenu le cadre de cette équipe. Dimanche, il en fut une nouvelle fois le fer de lance : plaqueur infatigable, omniprésent sur le second rideau et dans la couverture. Il a aussi fait montre une fois de plus de sa capacité à franchir le premier rideau adverse, tordant ainsi définitivement le cou à ceux qui, plus jeune, le pensaient incapables d’atteindre cette dimension physique, trop léger pour jouer seconde ligne et trop grand pour évoluer troisième ligne : « La vérité c’est que tu progresses en accumulant du temps de jeu, et c’est mon cas depuis deux ans. Il y a un gros potentiel au club, beaucoup de jeunes joueurs qui sont en devenir. Avec Mathieu et Alexi (Lamoulie et Balès, NDLR), on a peut-être ouvert une voie plutôt qu’une brèche. Il faut être patient et exploiter à terme cette richesse. Il y a tout pour réussir dans ce club, il faut en prendre conscience ».
Le premier à l’avoir fait, c’est d’ailleurs lui.  Au cœur d’un rude hiver agenais, il avait choisi de signifier son attachement au club en signant pour deux années supplémentaires. Un geste fort à un moment où le navire tanguait : « Je suis bien à Agen, tous les matins je mesure la chance que j’ai d’être avec mes amis, ma famille et de vivre dans une ville que j’aime plus que tout. J’ai choisi de continuer pour rendre au club ce qu’il m’avait apporté ». Le papa Dominique a dû apprécier. Et la maman rassurée, elle la professeur de collège, qui a longtemps regretté que son fils si doué pour les études choisisse le rugby : « J’ai arrêté les études avant de devenir mauvais, elle n’aurait pas supporté que j’échoue », se marre-t-il dans une ultime pirouette.

C.R

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