Bertrand Girardi veut faire des Constructifs un vrai parti


Ces dernières années, le paysage politique français ressemble un peu à Game of Thrones, le sang et les dragons en moins. Des maisons que l’on pensait hégémoniques ont quasiment disparu de la circulation tandis que d’autres sortent du bois pour briguer la couronne. Emmanuel Macron ne sera pas l’exception qui confirme la règle. Dans le sillage de son incroyable percée jusqu’à l’Elysée, de nombreux « mouvements » commencent à voir le jour. C’est le cas des Constructifs, entité nouvelle à mi-chemin entre Les Républicains (LR) » et la République En Marche (LREM). Thierry Solère en est la figure de proue. L’idée a réussi à faire son chemin jusqu’en Lot-et-Garonne. La toute jeune section locale est présidée par Bertrand Girardi. La ligne politique est claire : « Nous sommes des pro-européens opposés à toute idée xénophobe, nous restons attachés à un certain libéralisme économique car il faut d’abord créer les richesses avant de les partager, et nous défendons les valeurs républicaines telles que la laïcité. LR, qui sera très certainement le parti de Laurent Wauquiez, se droitise et ne représente plus nos valeurs », explique le conseiller municipal agenais de 39 ans. Après avoir activement soutenu la campagne de Bruno Le Maire aujourd’hui au gouvernement aux côtés de personnalités comme Edouard Philippe ou Gérald Darmanin, Bertrand Girardi aurait pu rejoindre la majorité présidentielle. Mais là encore, il n’y trouve pas son compte. « Ces trois ministres font partie d’un plan marketing bien mené pour cacher en réalité deux tiers d’anciens socialistes », ajoute-t-il. Le soutien des Constructifs au nouveau chef de l’Etat n’aura donc pas fait long feu. « Tandis que nous restons dans une forme de critique positive, chaque amendement que nous avons soumis a été rejeté par le gouvernement. Cela montre qu’ils ne vont pas rester constructifs très longtemps », souligne Bertrand Girardi. Fort de cette analyse, le jeune responsable voit ainsi se dessiner « un espace à occuper, avec un creuset de population plus important qu’on ne pourrait le penser. Nous allons donc redonner un peu de lisibilité à certaines idées ».

Gestion plus collégiale

Encore balbutiants de l’aveu même de leur président, les Constructifs 47 tendent à se structurer petit à petit. « Nous sommes une quinzaine à l’heure actuelle, soit autant que le MoDem il y a un an. Le maire de Marmande Daniel Benquet a rejoint nos rangs et je pense que nous accueillerons certainement d’autres hommes politiques déjà en place. Nos militants ne seront pas de simples colleurs d’affiches. Nous essaierons de leur inculquer une conscience politique à travers des sessions de formation et d’échange pour qu’ils soient peut-être les élus de demain. La gestion sera collégiale, ce qui est un peu nouveau pour la droite, plus habituée à la hiérarchie verticale, façon armée prussienne. Les Constructifs ne sont pas encore un parti mais nous sommes engagés dans cette perspective avec l’objectif d’avoir des candidats pour les prochaines élections, européennes en 2019 et municipales en 2020 », précise Bertrand Girardi. Aux sceptiques qui ne verraient là que des ambitions personnelles, l’intéressé répond : « On m’a déjà taxé d’opportuniste. Cela ne me touche pas parce que je fais tout ça seulement par conviction. Par exemple, je ne m’opposerai pas à un Jean Dionis qui partage nos valeurs et dont le bilan n’est pas contestable. Je ne me considère pas non plus comme indispensable au mouvement. Je n’ai simplement pas peur de traverser la rivière en premier pour montrer aux autres qu’il n’y a pas de crocodile… »

Dimitri Laleuf

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