Bruno Casset, le plus Agenais des Bordelais


«Je suis Bordelais de naissance mais Agenais d’adoption ! » Depuis 2000, Bruno Casset, gérant du Carrefour Contact (anciennement Shopi) sous la halle du marché couvert aux côtés de sa femme Maïté et de sa fille Stéphanie, apprécie les charmes  de la vie agenaise. « J’aime les villes de rugby ! Et lorsque l’on m’a proposé un projet intéressant à Agen, c’était tout bénéfique » se souvient cet ancien demi d’ouverture de l’ASPTT Bordeaux qui joue aujourd’hui en loisir avec les Charlots. « Ici le rugby n’est pas obligatoire mais presque. Si tu n’aimes pas ce sport autant aller vivre ailleurs ! » s’amuse celui qui vit à Sainte-Colombe-en-Bruilhois depuis dix-sept ans.

Ancien directeur chez E.Leclerc à Pessac et Pineuilh, dans l’agglomération bordelaise, Bruno Casset possède la particularité d’être autodidacte puisqu’il ne possède « qu’un » CAP mécanicien. « J’ai commencé tout en bas de l’échelle en tant qu’employé libre service, à coller les étiquettes sur les bouteilles de vin, se souvient-t-il. Et j’ai gravi petit à petit tous les échelons : adjoint chef de rayon, chef de rayon, chef de département et enfin directeur. » Son professionnalisme et son audace l’ont aidé à se forger une réputation dans le milieu de la grande distribution. Des qualités qu’il exige, aujourd’hui chez ses futurs salariés. « Je n’ai aucun à priori sur les gens qui ont fait des études ou non. Je pense que c’est au pied du mur que l’on voit les personnes compétentes et volontaires. De toute façon, la fibre commerciale, on l’a ou on ne l’a pas. »

Une cave à vins de sélections maison

De ses origines bordelaises, Bruno Casset a gardé un amour inconditionnel pour le bon vin. Tous les deux ans, il organise une foire aux vins pour partager sa passion avec ses clients. « Au début nous les proposions au magasin avant que ces dégustations ne prennent de l’ampleur et que nous les déportions donc au Château d’Aubiac (plus de 200 personnes étaient présentes en novembre dernier). Cela permet de faire découvrir aux clients des produits de qualité en toute convivialité. » Depuis 2016, le gérant de Carrefour Contact a également ouvert une cave à vins dans son point de vente afin de proposer toute l’année une sélection maison de vins d’appellations régionales de toute la France « Il y a des grands crus mais aussi des vins de petits producteurs moins connus mais tout aussi délicieux ! » explique le vice-président de l’Union des commerçants d’Agen, également co-président de l’Union des commerçants du marché couvert.

Une succession familliale d’ici 2019

A la tête de la plus grande supérette du centre-ville, Bruno Casset se souvient de ces débuts quelque peu laborieux dans la préfecture lot-et-garonnaise. « A l’époque, la halle était entièrement consacrée au marché couvert et nous arrivions de la grande distribution donc nous avons eu quelques difficultés à nous faire accepter par les artisans indépendants. Ils ne pensaient pas que l’osmose allait opérer mais elle s’est faite tout naturellement. De toute façon, avant notre arrivée, le marché couvert battait de l’aile et si une enseigne alimentaire ne s’était pas implantée ici, l’avenir de celui-ci se serait inscrit en pointillés. » La ville d’Agen a été pionnière en la matière et cette idée a été judicieuse puisqu’il est vrai que depuis 2000, le marché couvert a retrouvé son lustre d’antan et un certain dynamisme. « Le marché garde toujours une image de produits de qualité, c’est sûr et certain. Je pense que la mayonnaise a pris entre nous et les producteurs, ce qui nous offre un pôle commercial unique en centre-ville sur lequel nous devons nous appuyer pour proposer diverses animations.

A 58 ans, Bruno Casset est plus près de la fin de carrière que du début puisqu’il prendra sa retraite dans deux ans et transmettra le flambeau à sa fille, Stéphanie, actuelle directrice du magasin. « C’est la suite logique des choses. J’ai monté l’affaire puis ma fille est rentrée dans le métier et ça lui plait donc elle va prendre les rênes. Elle en a les capacités et je serai toujours là pour l’épauler et la seconder au début » souligne Bruno Casset qui, après avoir frôlé la mort en 2009 lors d’un terrible accident de moto sur la route de Nérac avec 42 jours de coma, « 15 jours seulement après la naissance de mon petit-fils » va profiter pleinement de sa future vie de retraité, en restant dans la région, à s’occuper de ses deux petits-fils de 8 et 2 ans. « Quand on est passé par une telle épreuve, on relativise beaucoup de choses et on apprécie la vie à sa juste valeur » conclut cet épicurien, amoureux de la bonne chère.

Simon Galinier

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