Comme une envie de Madeleine


Ce week-end marque le coup d’envoi des traditionnelles férias de Vic-Fezensac. Le dimanche, jour du seigneur tout au long de l’année, se transforme ainsi chaque veille de pentecôte en rituel païen dédié à Bacchus. Pas sûr que le chiffre d’affaires des cafetiers gersois soit à la hausse, ce jour-là en tout cas. Car à quelques encablures de là, dans la Ville rose, Agenais et Montois, habitués des fêtes de Vic, se sont donnés rendez-vous pour une finale d’accession qui soulève de part et d’autre de la Gascogne un enthousiasme inattendu. Dimanche à 15 heures, une grande partie du Sud-Ouest va donc s’arrêter de vivre pour suivre ce rendez-vous qui, disons-le, réunit tous les ingrédients pour s’annoncer palpitant et surtout totalement indécis.
Bien malin en effet celui qui peut prédire le nom du futur pensionnaire de Top 14 tant ces deux équipes semblent dos à dos avant ce rendez-vous fatidique.

Au coude à coude

Pour cette belle entre deux formations qui se sont rencontrées deux fois cette saison pour autant de victoires agenaises, l’incertitude est à tous les étages. Les Montois ont réalisé un parcours presque sans faute sur la seconde moitié de saison jusqu’à balayer le problème albigeois d’un revers de crampon en demi-finale la semaine dernière. Deuxième de la phase régulière, Mont-de-Marsan a fait forte impression, grâce notamment à une conquête sans faille et surtout une mêlée titanesque. De quoi couler le bateau agenais nous direz-vous ? Oui… Sauf que cette équipe agenaise n’a jamais été aussi forte que lorsqu’on ne l’attend pas. A Perpignan, la semaine dernière, elle aura réussi à faire fi de toutes ses faiblesses grâce à un courage et une abnégation qu’on ne lui connaissait pas. Ou du moins pas toujours.

L’ivresse des grands rendez-vous

Ce don de soi, relevé par une sacrée dose de culot, et bien sûr de talent, a d’ailleurs fini de convaincre les Agenais eux-mêmes. Comme l’écrivait un supporter sur les réseaux sociaux cette semaine, ils étaient 4 500 supporters tout au long de l’année à Armandie, ils seront entre 6 000 et 8 000 à être du déplacement toulousain ce dimanche. Et encore… Si Bacchus avait eu la (bonne ?) idée de faire un croche-pied à Jésus au temps de la cour d’école, les bannis des baptêmes et autres communions si fréquents à cette période auraient eux aussi été du déplacement ; c’est dire ! Que ces derniers se réjouissent, ils auront eux aussi leur part à jouer dans cette finale. Comme profiter de leur passage à l’église pour allumer quelques cierges pour les Agenais. Ils en auront besoin car une finale gagnée c’est souvent un don du ciel. Bacchus, lui, devra patienter jusqu’au coup de sifflet final. Mais en cas de victoire, à Agen, il y aura, à n’en pas douter, comme un avant-goût des fêtes de la Madeleine…

Cyril Recondo

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés