Les contrats aidés font monter la grogne


A chaque rentrée scolaire, son lot de polémiques et de crispations. Cette année n’y échappe pas avec l’annonce par le gouvernement d’une suppression massive de contrats aidés. Si le Lot-et-Garonne en compte aujourd’hui 3179, ils ne seront aussi nombreux d’ici le 31 décembre. Une bonne partie de ces emplois concerne le secteur marchand. Mais c’est bien du côté des collectivités et des associations que la grogne monte. Plusieurs responsables politiques locaux n’ont pas hésité à prendre la plume pour écrire au Premier ministre ou à son collaborateur à l’Education nationale. « Grincheux », le président du Conseil départemental Pierre Camani « attend du gouvernement qu’il se comporte autrement ». « Ces contrats aidés ne sont pas la panacée, concède-t-il. Je préfère de vrais contrats. Mais nous avons des exemples pour lesquels ça a fonctionné. Dans notre collectivité, ce sont 20 CUI qui ont été titularisés. » Ses griefs vont d’abord à l’encontre de la forme : « La décision est brutale et sans concertation préalable ». Pierre Camani dénonce aussi les conséquences, notamment sur les établissements scolaires. Jusqu’à présent 36 contrats uniques d’insertion (CUI) travaillent dans les collèges de Lot-et-Garonne. 27 d’entre eux devront être remplacés. « Cela engendre une situation humaine, organisationnelle et financière très difficile, insiste le président du Département. Titulariser tout le monde provoquerait, selon lui, une augmentation annuelle de 750 000 euros. Un choix qui ne correspond pas vraiment à ces périodes de vache maigre. « L’Etat nous demande de réduire nos effectifs, ce que nous faisons, et là, nous serions contraints d’embaucher », avance, dubitatif, Pierre Camani. L’autre solution reviendrait à « réduire le service public », pas dans les cantines mais probablement du côté de l’entretien.

Triple peine

« Le secteur associatif est lui aussi touché. L’aide à domicile, par exemple, représente plus d’une centaine de contrats aidés. Leur suppression impliquerait l’obligation de passer sur des postes conventionnels provoquant un surcoût qui serait compensé par le Département, puisque c’est une mission qui relève de nos compétences. On estime ce surcoût à 1,2 millions d’euros. Et les personnes qui ne seraient pas conservées iraient alimenter le flot de bénéficiaires du RSA, que nous finançons. C’est la triple peine », poursuit Pierre Camani. Ce dernier avoue « ne pas savoir comment procéder pour le moment ». Le maire de Villeneuve-sur-Lot Patrick Cassany dénonce lui aussi cette décision qui concerne dans son giron pas moins de 83 personnes (43 à la commune, 40 à l’agglomération) affectées dans les crèches, les écoles, auprès des personnes âgées ou en situation de handicap. « Si ces contrats étaient supprimés, ni la ville, ni l’agglo ne pourraient les remplacer par des agents contractuels classiques. Ces suppressions se traduiraient par une dégradation du service public et une aggravation de la fracture territoriale », affirme à son tour l’édile villeneuvois. Une intersyndicale regroupant CGT, CFDT, FO, FSU et UNSA appelle d’ailleurs à un piquet de grève devant la préfecture à Agen jeudi 14 septembre à 17h30 avec une demande d’audience.

Dimitri Laleuf

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