De l’aviron sur ordonnance


Prescription : aviron. Posologie : une fois par semaine pendant un an. Désormais, voici à quoi peuvent ressembler les ordonnances au sortir d’une consultation chez le médecin généraliste. En décembre 2016, le ministère de la Santé, a publié un décret permettant aux praticiens de proposer à leurs patients atteints d’une affection longue durée (ALD) une activité physique adaptée. Trois clubs de la bastide ont décidé d’intégrer ce dispositif, baptisé tout simplement « sport sur ordonnance », dans leur structure : l’athlétisme, l’escrime et donc l’aviron villeneuvois. « L’aviron, c’est le must », déclare Jean-Paul Bernard, animateur de la section santé du club et fervent défenseur de sa chapelle. Il étaye : « 95% des muscles du corps travaillent sans choc ni traumatisme. C’est une discipline adaptée aux personnes souffrant d’un cancer, d’une maladie cardiovasculaire, de diabète ou encore d’obésité ». Convaincus des bienfaits de la rame en plein air, les dirigeants du club ont ainsi dirigé leur entraîneur Coralie Pasquet, diplômée d’Etat, vers une formation spécifique pour gérer ce nouveau type de public. « Les études montrent que le sport permet de s’en sortir tout en réduisant son traitement médicamenteux », explique cette dernière.

La prise en charge se fait selon les recommandations du médecin traitant. Chaque séance est adaptée à la pathologie du patient. Un suivi périodique est assuré en retour. « C’est aussi un moyen de se resociabiliser. Les personnes souffrant d’ALD ont parfois tendance à se refermer sur elle-même. Avec l’aviron, on sort de chez soi, on partage une activité en équipe et on retrouve confiance en soi », souligne Jean-Paul Bernard. Le tout sur un paisible terrain de jeu de 35 km de long, bordé par une flore sauvage et peuplé de hérons, cormorans ou autres martins-pêcheurs. Quand on peut joindre l’utile à l’agréable…

Besoin de subventions

Le démarrage de l’aviron santé nécessite toutefois des moyens, à la fois humains et matériels. Une yolette (embarcation large et stable adaptée aux pratiquants débutants) coûte à elle seule près de 8000 euros. La structure villeneuvoise a donc sollicité l’Agence régionale de santé et le Centre national pour le développement du sport pour obtenir des subventions. D’autres partenariats ont été noués avec les collectivités locales et quelques établissements privés. Le dispositif n’étant pas totalement pris en charge par les organismes compétents, hormis certaines mutuelles, l’Aviron villeneuvois demande une participation de 12€/mois sur quatre mois minimum, afin de couvrir les frais d’assurance obligatoire pour un sport nautique. Mais si cette action se révèle être un succès, les choses pourraient être amenées à changer. Afin de lancer l’activité dès les prochaines semaines, les professionnels de santé et les instances comme le PSV, les Ehpad ou la Maison des aînés vont être contactés pour qu’ils puissent informer leurs patients. Par ailleurs, parmi ses 200 licenciés, l’Aviron villeneuvois compte pas moins de quatre médecins, un kinésithérapeute et de nombreux infirmiers. « On espère une dizaine de pratiquants d’ici la fin de l’année », annonce Jean-Paul Bernard. 

Dimitri Laleuf

Aviron villeneuvois

Quai d’Alsace à  Villeneuve-sur-Lot

05 53 49 18 27 ou  www.aviron-villeneuvois.com

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