Hélène Pradas-Billaud, romancière du réel


La voix posée et le regard tout en douceur… Hélène Pradas-Billaud est apaisée. A la quarantaine, la jeune femme a su accomplir un rêve d’enfance, celui de devenir écrivain. Son premier livre publié fut comme un catharsis, un hommage à son frère, Pierre Billaud, journaliste, tué en Afghanistan. Elle a cependant mis du temps à oser prendre la plume, dix ans pas moins : « Il m’a fallu ces années pour envisager d’écrire sur sa vie, tout ce temps pour pouvoir travailler sur cet hommage que je ne voulais pas à fleur de peau ».

Jusque là, l’écriture était restée une passion planquée au fond des ses tiroirs mais qu’elle améliorait depuis ses premiers textes de collégienne.

Hélène Billaud-Pradas est née à Agen et a fréquenté le collège Chaumié puis le lycée Palissy. C’est au collège qu’elle s’est découvert un goût prononcé pour les mots. Déjà, elle se plaisait à s’inscrire aux concours de nouvelles organisés au sein de l’établissement, rapportant de nombreux prix à la maison : « Pour la plupart des livres sur le Lot-et-Garonne… Les cadeaux n’étaient pas un but en soi. Je voulais juste écrire et me frotter au lecteur ».

Des poèmes à « Jours Blancs »

Fille d’une mère inspecteur d’académie et d’un père professeur de mathématiques, elle ne pouvait échapper aux études supérieures. Elle est ensuite partie à Bordeaux en prépa littéraire puis en droit pour finalement travailler au sein de la prévention jeunesse au plus haut niveau, du côté du ministère de la Défense à Paris. Hélène Billaud-Pradas n’a pas pour autant lâché prise et continuait, quand elle en avait le temps, de noircir des pages de poèmes ou de nouvelles « mais qui n’étaient pas du tout autobiographiques ».  Ils sont édités chez Chèvre-feuille étoilé, une maison à laquelle elle reste depuis fidèle. « Les jours blancs » marque un tournant dans la vie de l’écrivain. En 2001, quand son grand-frère décède, Hélène Billaud-Pradas refuse de témoigner, convaincue que raconter son enfance auprès de Pierre Billaud intéresse peu de monde. Dix ans après, elle se laisse convaincre et écrit son manuscrit durant un an, chaque soir, pendant une vingtaine de minutes : « C’était mon premier essai romancé. J’avais pris un seul angle celui de l’écriture poétique. Je ne voulais pas d’un livre témoignage, ancré dans la réalité. J’ai été surprise de l’accueil qu’il a pu recevoir, de l’intérêt qu’il a pu susciter ».

Hélène Billaud-Pradas fait alors le tour des salons mais surtout de nombreux lycées où elle échange à bâtons rompus sur la liberté de la presse, sur la fratrie, sur jusqu’où on peut aller par passion de son métier, sur l’acte de création…

Et puis il y a «Belle Lurette»…

« Jours Blancs » lui fait parcourir l’Hexagone durant un an. Et lui fait découvrir un tableau de Najia Mehadji, artiste peintre : « J’ai été fascinée par la peinture moderne et épurée de cette femme. J’ai voulu la rencontrer. Et elle m’a évoqué le thème de mon roman suivant, la femme et la création ». « Belle Lurette » est alors couché sur papier et narre l’histoire d’une héroïne d’origine marocaine, traversée par le désir de créer et d’amour face à son rôle de femme qu’elle doit tenir : « Un thème qui a parlé à tout le monde, au final… Les hommes, les femmes, quelque soit la génération ».

Il y a quelque chose d’Hélène dans l’héroïne de « Belle Lurette », elle même le reconnaît… : « Créer pour une femme, c’est un peu volé du temps sur les autres, sur ses enfants, sur sa vie ».

Hélène Billaud-Pradas continue sur sa lancée et a déjà en tête son prochain roman… Du moins, la thématique : « Mon héros aura la cinquantaine et sera en pleine envie de reconversion dans un monde du travail où tout est rentabilité et production ». Une fois encore, elle s’inspire de son expérience personnelle comme coach professionnelle où elle a croisé des parcours étonnants « qui m’ont inspirés » ajoute-t-elle.

Annabel Perrin

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