La salsa du démon


Les années se suivent et ne se ressemblent pas… L’année dernière, à la même époque, au moment où le Sporting s’apprêtait à recevoir Narbonne en demi-finale de Pro D2, toute une ville vivait à nouveau au rythme de son cher SUA, emballée par la perspective de remonter dans l’élite du rugby français, un an seulement après l’avoir quittée. Ce dimanche, alors que l’équipe va jouer sa deuxième demi-finale consécutive, l’Agenais semble indifférent, voire résigné. La preuve, pas un drapeau de sortie dans les commerces de la ville, une première dans une cité où, pour chaque phase finale disputée depuis un siècle, l’engouement a toujours été de mise.
Le SUA ne séduit plus ? Où est-ce seulement le fait de voir les Bleu et Blanc jouer cette demi-finale dans l’enfer promis d’Aimé-Giral ?
Les deux mon général. Dimanche, à 17 heures, la tempête promet de s’abattre sur le navire lot-et-garonnais. Comme ce fut le cas le 20 septembre dernier lorsque le Sporting avait pris 30 points dans la musette chez des Catalans médusés eux-mêmes par leur performance. De quoi refroidir évidemment les ardeurs des supporters suavistes douchés, qui plus est, une seconde fois par la défaite de dimanche dernier à Armandie face à ces mêmes Catalans.

Deux équipes sur la même ligne
Oui mais voilà, quelque chose nous dit que cette demi-finale tant promise aux Usapistes pourrait leur échapper. Les raisons ? D’abord le chauvinisme évidemment. Et puis, finalement, tant d’indicateurs sportifs qui se cumulent en défaveur des favoris eux-mêmes : l’absence supposée de plusieurs cadres (Allan, Tuilagi, Mjekevu), un déficit de puissance et une incapacité chronique à bien gérer une rencontre. Et nous revient ainsi cette phrase d’Antoine Erbani, le brillant troisième ligne agenais (voir page 19), qui depuis mardi résonne ainsi dans les têtes : « Perpignan n’est pas une équipe bonne à prendre mais nous non plus… » C’est vrai, Antoine. Agen n’est pas bon à prendre depuis deux ans (39 victoires pour 23 défaites), surtout par Perpignan qui finalement ressemble à s’y méprendre au Sporting cette saison. A la guerre, on parlerait de frères d’armes tant leur destin se recoupe : un statut de favori partagé en début de saison, un exercice régulier… irrégulier, du talent à tous les étages mais aussi, hélas, un manque de maîtrise récurrent. Le match de dimanche dernier est, à ce titre, parlant : Agen et Perpignan ont été dos à dos toute la partie se renvoyant, chacun à leur tour, à leurs vieux démons. On croit ainsi François Gelez lorsqu’il confie : « Ca m’emm… de retrouver Agen sur notre route ». N’y voyez pas là un tour de passe-passe pour endormir l’adversaire. Mais une vraie raison de s’inquiéter avant une rencontre qui s’annonce tellement indécise, Aimé-Giral ou pas. Car en sport comme dans tout, exister c’est lutter contre ses démons… Ce serait bien le diable qu’Agen ne les chasse pas ce dimanche…

Cyril Reconco

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