L’alternance c’est maintenant


En sport comme en politique, tout est une question de cycle. Chaque modèle peut montrer ses limites et un renouvellement s’avère tôt ou tard nécessaire. Au SUA, Mathieu Blin et ses collègues Prosper et Crenca ont défini une identité de jeu basée sur le mouvement du ballon. Les résultats ne sont pas au rendez-vous mais malgré les défaites, les Bleu et Blanc ne nous infligent aucune purge (ou très peu). L’équipe se montre vaillante, entreprenante dans la mesure de ses moyens et lâche rarement ses adversaire avant l’heure de jeu. Ce qui est en soi fort appréciable.
Mais ce jeu si « salutaire » pour les suavistes n’a pas que des avantages. A force de dynamiter sans arrêt les temps de jeu, les Lot-et-Garonnais perdent des ballons. Trop. Dans le camp adverse, cela se concrétise par un manque de scoring. Et quand le Sporting est acculé, les tentatives de relance sont parfois hasardeuses et permettent à l’opposant de cueillir des points tout faits. Un exemple ? La passe, ou plutôt la tentative, du malheureux Bautista Güemes vers Pierre Fouyssac contre La Rochelle lors de la 6e journée de Top 14. Une prise de risque inutile qui permet à Botia d’aplatir. Juste avant la mi-temps, le score passe alors à 13-3, et les espoirs de victoire ou de bonus à l’extérieur s’envolent. Même déception quelques semaines plus tôt contre Toulouse. Les Haut-Garonnais n’ont rien fait du match, si ce n’est sanctionner les boulettes du SUA et repartir avec de précieux points plein les valises. Les turnovers sont le cauchemar des Agenais, et il est temps d’y remédier.

Garder l’adversaire sous pression
La recette miracle n’existe pas. Cependant, l’opposition contre les Jaunards de Clermont a laissé traîner quelques indices. En première mi-temps, les coéquipiers d’Alexi Balès ont parsemé leur jeu de quelques coups de pieds d’occupation. Fait assez inhabituel chez eux. Force est de constater que cette entreprise a plutôt bien fonctionné, de l’aveu même de coach Blin : « On doit clairement plus utiliser ce jeu de pression en ce moment », annonce-t-il. Luke Hamilton confirme la nécessité de cette nouvelle option tactique : « Notre objectif doit être de maintenir l’équipe d’en face sous pression en restant le plus longtemps possible dans son camp. Le jeu au pied peut nous y aider. Ensuite, il faut se montrer patient et saisir les opportunités ». Lors de la précédente journée à Armandie, chaque formation a eu sa mi-temps, la force de frappe auvergnate ayant eu le dernier mot. Mais Burton Francis a pu tester ses sensations dans l’exercice. Et selon lui, elles sont plutôt bonnes. « Avec mes coéquipiers et notamment les centres, on a réussi à bien communiquer pendant la partie pour prendre les bonnes décisions et trouver les bonnes zones », raconte l’artificier. Un peu de pragmatisme ne fait pas de mal.

Un outil conjoncturel
Pour autant, le SUA LG ne va pas, et ne doit pas, se transformer en XV du Trèfle version Ronan O’Gara ou Johnny Sexton. Mathieu Blin préfère couper court à toute spéculation sur une éventuelle révolution de jeu : « C’est un simplement un outil conjoncturel lié aux conditions d’hiver, à savoir un terrain gras, de la pluie ou du vent ». « Il faut trouver la bonne alternance entre jeu à la main et jeu au pied et ne pas tomber dans l’excès. C’est juste une question d’équilibre », note Burton. L’autre Francis local, l’ami Cabrel, n’aurait pas dit mieux.

Dimitri Laleuf

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