Le vrai dieu du stade


C’est devenu l’une des images que tous les supporters du SUA LG ont en tête. A la fin du match, trois joueurs, parfois plus, se retrouvent sur un coin de la pelouse, un genou à terre et la tête basse. Sione Tau et ses coéquipiers îliens prient. Dans l’enfer d’Aimé-Giral, il n’a pas oublié son credo. « On prie aussi avant la rencontre, c’est très important, surtout pour moi, je sais que tout ce que j’ai eu jusqu’à présent, je le dois à Lui. » Lui, c’est dieu. Pas Mathieu Blin, même s’il lui doit ses entrées en jeu ou sa récente titularisation, mais plutôt l’être omniscient. « Je suis très croyant, continue-t-il, et en tant que chrétien je veux remercier celui qui m’a tout donné. »

L’humilité du pénitent

« Tout », c’est vite dit. Pas dans la bouche du mutique tongien qui, contrairement à son activité sur le terrain, est très économe. « Je reste humble », répétera-t-il, quitte à ne pas parler de sa fantastique demi-finale autrement qu’en termes collectifs. « Nous avons été forts ». Et pourtant, aux côtés des scoreurs Paris, Toua ou Pètre, il a tenu son rang dans une troisième ligne qu’il intégrait comme titulaire. « C’est peut-être dû à mon match contre Perpignan à domicile où je fais une bonne rentrée… » Convaincu par l’activité de perforeur-plaqueur de leur avant, le staff n’a pas hésité à mettre Vaquin sur la touche pour laisser sa chance à Sione Tau. Et le choix a été payant. A son avantage face aux denses avants perpignanais lors de la demi-finale, le Tongien a fait montre de son talent.

Première finale ratée

« Je donne tout, le meilleur de moi-même comme à chaque rencontre. Même si c’est très différent de commencer un match ou d’être remplaçant. » Réaliste, il évoque sa finale ratée en 2014 contre La Rochelle. « Je n’ai pas compris pourquoi j’avais si mal joué, j’étais peut-être un peu perdu… »

Pour les copains et les supporters

Las ! La flagellation attendra. Car dimanche, c’est une nouvelle finale qui se présente et Agen ne jouera pas le rôle du martyre. « Les Montois ? Ils ont deux jambes, deux bras, un coeur… Pour les battre, pas besoin de mettre en place un plan de jeu spécial, il faudra juste être très bons. »
Surtout pour les supporters, la famille et les amis. « Entre nous, les joueurs, tout est parfait, on s’entend super bien. Pour eux aussi j’ai envie de gagner. » A condition d’être titulaire. « Je l’espère… Il faudra que les entraîneurs me choisissent… » Alors, messieurs Blin, Crenca et Prosper, convertis au Tauïsme ? Parce que pour les supporters, c’est déjà fait.

Gauvain Peleau-Barreyre

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