Les HVP approuvées par la Marine nationale


L’armée française est sans nul doute la première au monde à utiliser officiellement les huiles végétales pures (HVP) comme carburant. Depuis le 21 avril, une chaloupe de transbordement, capable de transporter entre 70 et 80 militaires, carbure aux HVP dans la rade de Toulon. Pour l’Institut lot-et-garonnais, c’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. Car si techniquement, l’équipe est rodée, notamment avec deux projets mis en place depuis longtemps sur des bateaux de pêche à Biarritz et Capbreton, elle a dû passer par la machine administrative très réglementée de l’armée : « Le projet est lancé depuis déjà un an et demi. Mais il a fallu recevoir l’approbation du laboratoire de l’armée, le LSEA, dont les procédures sont très codifiées », explique Frédéric Perrin, ingénieur à l’Institut.
Ainsi, pour l’installation technique sur le moteur de l’embarcation, aucun membre de l’Institut n’a été autorisé à monter à bord : « Tout s’est fait à distance, par des schémas » raconte Frédéric Perrin. « Il a fallu nous adapter. C’était assez frustrant pour nous de ne pas participer concrètement à la mise en marche de la chaloupe ».

Vers une nouvelle ère ?

A ce jour, donc, l’unité de la Marine nationale de Toulon a également investi dans une unité de réapprovisionnement pour 15 000 litres : « Une unité qui est très pratique et qui prend peu de place au sol » ajoute l’ingénieur. Mais la Marine nationale ne compte pas s’arrêter là. Son objectif ultime est de pouvoir utiliser les huiles usagées qu’elle produit dans sa caserne : « C’est la deuxième phase du projet qui doit passer par les mêmes étapes que pour les HVP », précise Frédéric Perrin. L’armée veut ainsi, non seulement entrer dans une nouvelle ère où elle prend en compte son impact environnemental, mais également réaliser des économies en générant elle-même son carburant : « Le projet est en train de leur démontrer qu’il est possible de mettre en place un système transversal, autonome et facilement transposable » ajoute Frédéric Perrin.
Du côté de l’Institut, on ne cache pas sa satisfaction : « J’avoue avoir ressenti de la jubilation quand j’ai vu les ingénieurs de l’armée s’activer autour du moteur à huile végétale dans la chaloupe » se rappelle Alain Juste, le président. « Ce sont 20 ans de bataille qui aboutissent enfin à une reconnaissance de l’armée. Un pas important vers une transition énergétique et pour sortir enfin du « tout », qu’il soit pétrole dans les années 70 ou nucléaire aujourd’hui ».

Annabel Perrin

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