L’hôpital perd des moyens


L’hôpital de Fumel vit toujours dans la peur de la perte des moyens financiers qui sont nécessaires à son bon déroulement. Les représentantes du syndicat CGT, majoritaire au sein de l’établissement, ont souhaité cette semaine tirer la sonnette d’alarme concernant les mesures décidés par l’Agence régionale de santé (ARS) en juillet 2014 et qui ne sont toujours pas appliquées.

Transfert de 30 lits

« On sent bien qu’on va y avoir droit juste avant l’été pour éviter que le personnel ne se mobilise » explique Joël Fauverte, le secrétaire local de la CGT. De quoi s’agit-il ? D’une mesure annoncée par l’ARS, il y a un an, le transfert de 30 lits de longs séjours vers le pôle de santé villeneuvois et qui seront remplacés virtuellement par des lits de maison de retraite.

« C’est virtuel, mais ce nouveau classement administratif va nous faire perdre des moyens financiers et des moyens humains. On va garder les mêmes patients et on aura moins de temps et moins de personnel pour s’en occuper », précise Isabelle Lola, infirmière au service de jour. Au final, ce sont 10 emplois qui sont sous la menace d’une suppression.

Le centre hospitalier compte aujourd’hui plus de 200 personnels, dont 80 contractuels, qui seront les premiers concernés par cette restructuration. « Des personnes qui ont souvent déjà subi un licenciement économique et qui ont été embauchées après une requalification professionnelle. Pour elles, ce sera la double peine ! », rajoute Joël Fauverte.

Le député mis en cause 

Pour les représentants des salariés, c’est avant tout le patient qui va pâtir de cette modification. « C’est de la maltraitance institutionnelle. Les patients ne seront plus douchés que tous les 15 jours au lieu de tous les 8 jours. On ne pourra plus respecter leur rythme de vie », indique Patricia Véloso, aide-soignante à la maison de retraite. « Comme le martèle notre directeur, il faut baisser le curseur de la qualité ».

« On se sent également abandonnés par les politiques et particulièrement par Jean-Louis Costes, notre député-maire qui, un jour est contre ce changement, un jour est pour. C’est difficile pour lui de soutenir à la fois les salariés de Penne, de Fumel et de Villeneuve », indique Joël Fauverte. Les représentantes des salariés promettent des actions spectaculaires pour sensibiliser le public à leur cause et comptent se battre pour avoir gain de cause. Une réunion d’information est programmée pour le 19 juin prochain à l’hôpital.

Avec la baisse des moyens de l’État, le problème semble de toute façon difficile à résoudre. La demande en tous cas existe puisque des listes d’attentes sont mises en place pour satisfaire les patients et leurs demandes. On juge une société à la façon dont elle s’occupe de ses anciens disait-on…

Réaction de Jean-Louis Costes //

«Je regrette que la CGT fasse parler de l’hôpital une nouvelle fois de manière négative. Ils ne font pas ainsi avancer les choses. Ils ne sont pas dans une démarche constructive. Les hôpitaux sont dans une situation budgétaire extrêmement difficile avec la loi santé qui vient d’être votée. On va de plus en plus regrouper les établissements pour faire des économies et une suppression de 23 000 postes est prévue au niveau national. Il faut absolument que les petits établissements des secteurs ruraux soient capables de proposer des « niches » médicales innovantes sinon ils sont condamnés à se faire absorber. Concernant les lits de longs séjours, l’ARS baisse de toute façon ses crédits. La dotation est calculée en fonction du niveau de dépendance des patients. Je m’emploie avec le directeur du centre hospitalier à prouver l’importance du niveau de dépendance des patients du Fumélois. Je me battrais pour, qu’au final, on ne perde que 2 ou 3 postes, sans départ sec. De plus, l’ARS s’est engagée à mettre 500 000€ en compensation pour l’unité Alzheimer ».

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