Ligne à grande vitesse : ils s’en tamponnent le tortillard


C’est ce que l’on appelle en terme ferroviaire, un incident de parcours. La commission d’enquête publique sur les projets de lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, vers l’Espagne, a rendu un avis défavorable sur la déclaration d’utilité publique de ces projets, a annoncé lundi la préfecture d’Aquitaine. Ce n’est pas à proprement parler un coup d’arrêt mais un sérieux ralentissement d’un projet à plusieurs milliards d’euros (8 milliards) et qui aurait dû se concrétiser à l’horizon 2024 (Bordeaux-Toulouse) et 2027 (Bordeaux-Dax).

Beaucoup (trop) d’incertitudes
L’épisode qui conclut la consultation publique menée du 14 octobre au 8 décembre dernier n’est que le dernier rebondissement en date. Ce n’est certes qu’un avis consultatif mais les conclusions mettent à mal les principaux points forts mis en avant par les défenseurs du dossier. Les « insuffisances et faiblesses » du projet sont ainsi répertoriées : « impacts insuffisamment pris en compte » (faune, habitat…), incertitudes sur le financement public, la rentabilité, le gain de temps et insuffisance d’exploration des alternatives comme la modernisation des voies existantes. Fermez le ban.

Les anti-LGV confortés
« C’est une très bonne nouvelle pour nous, associations, quoi qu’en disent les grands décideurs nationaux ou agenais, nous ne sommes pas contre le progrès. » Charles d’Huyvetter, président de Très Grande Vigilance en Albret lutte, avec une douzaine d’associations du grand Sud-Ouest, contre ce projet de LGV. Cette consultation publique était l’occasion de se faire entendre. « Ils ont eu plus de 15 000 avis, 92% étaient défavorables au projet. Et là je constate que la commission a repris les arguments que nous avancions depuis des années ».

Les politiques partagés
Certains responsables locaux semblent aussi convaincus que la LGV ne viendra pas de sitôt dans le département. Le feu Conseil général, et son président, ont par exemple réaffirmé lors de la campagne des Départementales qu’ils ne mettront pas un euro sur les voies. A l’Agglo, c’est le vice-président Pascal De Sermet qui ne croit plus au projet. Sans parler de ses collègues, de la minorité de gauche, qui eux sont vent debout.
Le dossier est désormais dans les mains du ministre des Transports, qui a un délai de 18 mois après clôture de l’enquête, soit jusqu’au 8 juin 2016, pour se prononcer, après avis du Conseil d’État.

Gauvain Peleau-Barreyre

Les pro-LGV montent au créneau, pas de conséquences à la TAG de Ste-Colombe

Les président des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, suivis par ceux des agglomérations de Toulouse et Bordeaux, ont signé un communiqué commun pour redire leur espoir de voir se concrétiser la LGV.
A l’Agglo d’Agen, on minimise l’impact du rapport. « Même s’il y a certaines vérités, c’est un rapport dans l’air du temps, les membres de la commission ont joué petit bras, ce sont des personnes âgées qui n’ont pas une vision d’avenir, explique Henri Tandonnet, vice-président aux Infrastructures. Mais cela ne remet pas en cause le projet de technopole Agen-Garonne, notre schéma directeur fonctionne avec ou sans gare LGV. Nous ne faisions que préparer notre territoire à en tirer profit et ne pas subir l’arrivée de la grande vitesse. »

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