Marché de Léopold : l’affaire passe en justice


Chose promise, chose due. Conformément à ses déclarations, le maire villeneuvois Patrick Cassany a prononcé un arrêté de fermeture à l’encontre du Marché de Léopold. Le magasin bio avait ouvert ses portes le 7 juillet dernier sans que la municipalité, souhaitant limiter le commerce en périphérie, n’ait délivré les autorisations nécessaires. Constatant que le dit arrêté n’a pas été respecté, les forces de l’ordre sont venues verbaliser Benjamin Quiras, le gérant de l’enseigne régionale comptant à ce jour huit adresses, vendredi 18 août. « L’affaire est maintenant entre les mains du procureur », annonce-t-on du côté de la mairie. « C’était une étape de prévisible, confie pour sa part Benjamin Quiras. Il a simplement fallu attendre le temps administratif. Mais cela ne change rien pour le moment, tant qu’il n’y a pas de décision de justice. »  Le magasin reste donc ouvert au public. Le gérant prépare en sus une contre-offensive en « attaquant l’arrêté de fermeture aussi bien sur la forme que sur le fond ».

Aucune certitude

Dans cette affaire, le flou règne. En effet, les deux camps avancent sans aucune certitude. A titre d’exemple, le PV adressé au Marché de Léopold pour non respect de l’arrêté de fermeture prévoit une amende journalière. L’équipe municipale ni Benjamin Quiras n’en connaissent le montant exact – la fourchette allant de 1000 euros par jour d’ouverture à plus de 2000 euros. Idem pour l’issue potentielle. « Les OAP (orientations d’aménagement et de programmation, ndlr) sont des dispositifs récents et il n’existe pas encore de jurisprudence sur laquelle se baser. Les avis divergent et il est difficile d’y voir clair. Je ne peux pas être confiant dans ces conditions même si plusieurs éléments tendent à me rassurer », admet Benjamin Quiras. Il affirme notamment avoir eu confirmation auprès du sous-préfet que « les services de l’Etat n’ont jamais exigé un arrêté de fermeture ». Il estime également qu’en occupant « un local ayant toujours abrité du commerce, sans créer de mètres carrés supplémentaires », son dossier « ne devrait pas » rentrer dans le cadre d’une OAP. Benjamin Quiras compte également sur la mobilisation de sa clientèle : « La pétition que j’ai mise en place dans tous mes magasins ainsi que sur internet a récolté plus de 25 000 signatures, dont 5 000 sur Villeneuve-sur-Lot. »

« Une solution amiable »

Toutefois, le gérant ne désespère pas de trouver une solution « amiable ». « Je ne veux pas m’arcbouter sur des schémas politiques, souligne-t-il. Je préfère que tout le monde sorte de cette histoire par le haut. Je demande simplement qu’on me laisse ouvrir. Vu la réussite du magasin, cela ne fait aucun doute qu’il y avait un manque. Nous dépassons le prévisionnel de 30% avec 250 clients par jour… J’ai même dû recruter un CDI supplémentaire la semaine dernière pour suivre la cadence. Cette affaire est la meilleure publicité pour nous, même si je ne l’ai jamais souhaité. » Pas sûr que la mairie voit les choses du même œil.

Dimitri Laleuf

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