Mauricio Reggiardo : «  On s’est structuré »


Depuis son arrivée sur les berges de Garonne, Mauricio Reggiardo, l’ancien pilier des Pumas aujourd’hui entraîneur des avants du SUA LG, fait l’unanimité. Simple, abordable, l’homme a vite trouvé ses marques. Aussi bien auprès du groupe qu’il dirige, qu’avec Stéphane Propser, son pendant des lignes arrières mais aussi avec les supporters…

L’Hebdo : Mauricio, vous n’êtes là que depuis quelques mois et pourtant on a la sensation que vous avez toujours fait partie de la maison bleue et blanche ?

Mauricio Reggiardo : C’est vrai que je me suis très vite adapté au club et à son environnement. Je me sens Agenais à cent pour cent. En tout cas, j’essaye de rester moi-même, être le plus simple possible sur et en-dehors du terrain. Peut-être que les gens le ressentent…

L’Hebdo : Avec Stéphane Prosper, l’alchimie a été immédiate ?

M.R. : Oui, immédiate, c’est le terme. On a de suite accroché, et là je ne vous raconte pas une belle histoire. On échange beaucoup, beaucoup, beaucoup. Surtout on a chacun notre égo de côté. On est capable de s’entendre, de se dire l’un ou l’autre que l’on se trompe. De toute façon on peut pas demander aux garçons de rester humbles si on ne l’est pas nous-mêmes, non ?

L’Hebdo : En parlant de rester humble, est-ce que le petit Poucet agenais ne l’est pas trop à l’amorce de cette saison palpitante ? 

M.R. : Humble, il faut toujours l’être quelque soit son niveau. Mais l’être ne veut pas dire que l’on manque d’ambition. Bien au contraire. On a prouvé à Montpellier, même si on a pris beaucoup de points, que l’on allait jouer notre carte à fond.

L’Hebdo : Ce match à Montpellier malgré la lourdeur du score vous a-t-il paradoxalement donné confiance ?

M.R. : Il y a du positif, c’est certain. On a marqué trois essais à Montpellier chez eux, je pense que peu d’équipes le feront cette année. On a aussi tenu le ballon près de 70% du temps, là aussi c’est énorme et cela prouve que dans les rucks on a été très performants. De même  on ne s’est fait breaker que trois fois sur du jeu placé, ce qui prouve que défensivement on a tenu le choc. Hélas, on a rendu trop de ballons facilement et on encaisse quatre essais-casquettes. Au haut niveau, les détails font la différence, les gars étaient prévenus. On va vite savoir si on est capable de ne pas renouveler ce genre de bêtises.

L’Hebdo : A Montpellier vous avez cherché à déplacer énormément le ballon. Est-ce que ce sera la patte du Sporting cette saison ? Celle de montrer un visage résolument offensif ?

M.R. : On va faire en fonction des joueurs que nous avons à notre disposition mais aussi de l’ADN du club. Alors oui, à priori, on a une équipe plutôt bâtie pour déplacer le jeu énormément et cela correspond qui plus est à l’histoire du club. Mais  attention, il faut savoir le faire à bon escient. Parfois, à Montpellier, on est tombé dans l’excès en faisant la passe de trop.

L’Hebdo : Ces ballons perdus qui ont causé votre perte vont-ils vous incité quelque part à réduire la voilure ?

M.R. : Pour réduire la voilure il faut avoir des joueurs capables de jouer un rugby minimaliste basé sur l’affrontement. Encore une fois ce n’est pas l’ADN de ce groupe. Ni celle du club. En revanche, il faut aussi trouver un certain équilibre. Et vite si possible…

L’Hebdo : Dès samedi ?

M.R. : Oui ce serait mieux (sourire). Finalement on va jouer un championnat à nous avec quelques clubs. Et le classement britannique va beaucoup compter. Au terme de la première journée, certains de nos concurrents ont déjà pris du retard (Ndlr, le Stade français et  Brive ont perdu à domicile, Oyonnax a fait match nul).

L’Hebdo : Honnêtement Agen a-t-il les moyens de se maintenir ?

M.R. : Honnêtement je le crois. La préparation nous a conforté dans l’idée que l’on avait un super groupe. Cette équipe on a pris le temps de la bâtir. Tous les joueurs qui nous ont rejoints étaient désirés. Ce ne sont pas des choix par défaut, au contraire. Il y a souvent des erreurs de casting dans notre métier, c’est normal. Mais là franchement, même si la saison ne fait que débuter, je crois que cette année on n’en a pas commises. J’ai aussi l’impression que l’on a franchi encore un cap dans l’approche de la compétition. On s’est structuré, et on a été attentif à tous les détails. Les dirigeants nous ont beaucoup donné pour mieux accompagner les joueurs, en terme de nutrition, au niveau médical, mais aussi sur le matériel que l’on a demandé et qu’ils nous ont accordés. Les joueurs et nous-mêmes avons beaucoup de chance d’être aussi bien entendus et choyés. J’espère que l’on va rendre la monnaie de la pièce…

Cyril Recondo

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