« Mercenaires » au club house


Fumel est devenu depuis quinze jours le décor d’une fiction. Sacha Wolff, réalisateur issu de la prestigieuse école de la Fémis, a investi les lieux pour le tournage de son premier long-métrage intitulé « Mercenaires ». L’histoire se déroule dans le milieu rugbystique, celui des joueurs professionnels venus de l’étranger, engagés dans des clubs français semi-pros : « Mais ce n’est qu’un contexte… Je voulais surtout narrer l’histoire d’un jeune, en rupture familiale, qui tente de se retrouver une famille au sein de son club, loin de ses racines… Ce qui m’intéressait, c’était me questionner sur la définition même de la famille ».
Lorsque Sacha Wolff se décidé à chercher des décors pour son histoire, il n’envisageait pas de se poser dans le Sud-Ouest et encore moins à Fumel : « Au contraire… Je ne voulais pas venir filmer ici, dans une terre de rugby. J’avais peur de tomber dans les clichés et les poncifs généralement attachés à ce sport ».

Coup de coeur pour Fumel
C’est Hervé Bonnet, du Bureau d’accueil de tournages, qui l’a convaincu : « Pour moi, à la lecture du scénario, Fumel et son stade étaient le lieu idéal, le ballon ovale étant étroitement lié ici à l’histoire métallurgique de la ville. J’ai réussi à persuader Sacha de venir faire des repérages en février dernier ». Sacha Wolff assiste alors à un match de derby au coeur du stade Henri Cavallier. C’est le coup de coeur : « J’ai découvert un univers exotique. Je ne pouvais passer à côté ». Pour ne pas le dénaturer, Sacha Wolff se pose alors quasi en réalisateur de documentaire. Car plutôt que d’aller chercher des comédiens professionnels « qui allaient tomber dans la caricature », il a recruté sur place les joueurs et entraîneurs du club fumélois : « C’est une autre manière de travailler. Je les place dans des situations qu’ils connaissent bien, je leur explique le contexte et je tourne ce qu’ils me donnent ».
Sacha Wolff n’a donc pas distribué à ses comédiens des dialogues bien précis : « Rien n’est gravé dans le marbre. Je suis à leur écoute. Des répliques apprises par coeur ne m’intéressent pas ».
Sacha Wolff a également posé ses caméras au coeur du centre d’accueil municipal qui abrite le club house du rugby fumélois : « Dans ma tête, je voulais un bar typique, un bar de supporters… Et puis, j’ai visité cette salle,  dédiée au rugby, avec ses coupes et son comptoir en bois. Il était inutile d’aller chercher plus loin ».
Le tournage va tout de même se déplacer quelque peu, vers Casseneuil et Villeneuve-sur-Lot, dont le stade Max Rousié va servir de terrain pour un match fictif entre Fumel et Villeneuve-sur-Lot : « Nous sommes encore là deux semaines » ajoute Sacha Wolff.
Après ce premier tournage, le Bureau d’accueil n’en a pas fini : « Nous avons eu une quarantaine de sollicitations cette année, un chiffre en net augmentation » précise Hervé Bonnet. « Preuve que le département commence clairement à être identifié comme terre d’accueil pour le cinéma ».

Annabel Perrin

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