Petit Poucet : prophétie ou opportunité de surprendre ?


Plus petit budget de Top 14, navette régulière entre première et seconde divisions, peu d’internationaux dans l’effectif, présidence en transition… Avec un tel bagage, ce n’est rien de moins que l’enfer qui est promis aux Agenais pour leur retour dans l’élite. La première rencontre à Montpellier en a donné un bref aperçu. Pour de nombreux acteurs et observateurs, la seule issue favorable à espérer pour le SUA LG est l’obtention d’une treizième place finale assortie d’une victoire en barrage contre le finaliste perdant de Pro D2, selon les termes du nouveau règlement. C’est mince… Même les joueurs, pourtant professionnels, ne savent pas exactement où placer leurs ambitions. « Quand on est promu, il est difficile de jauger son niveau par rapport aux autres », concède le capitaine Antoine Erbani. Ces « autres », pourtant, ont l’air de bien savoir où se situe Agen. Lors de la présentation officielle des capitaines il y a quelques semaines, « on ne m’a effectivement parlé que des dernières places, même si Agen inspire encore beaucoup de respect du fait de son histoire », ajoute Nani. Le Sporting ne sera pas souvent favori cette saison. A l’extérieur, probablement jamais. A Armandie, pas tout le temps non plus. Avoir les bookmakers contre soi peut-il être un avantage ?

« Ils voudront gagner chez nous »

Contrairement à l’exercice précédent où l’on pouvait reprocher aux Lot-et-Garonnais, favoris, de ne pas toujours ramener des points, personne n’attendra cette fois une telle régularité comptable. Ce qui peut retirer une certaine pression. Les Suavistes se sont souvent illustrés lorsque l’on ne les attendait pas. Cueillir quelques adversaires un peu trop présomptueux n’est pas à exclure. Un avantage qui a aussi ses inconvénients selon Mathieu Lamoulie. « A considérer Agen comme une proie facile, les autres équipes risquent aussi de vouloir gagner chez nous, estimant qu’ils ont plus de chances ici qu’ailleurs. Je ne suis pas sûr qu’être le petit Poucet soit si bénéfique… », analyse l’arrière. C’est donc « l’état d’esprit », nouveau leitmotiv du club, qui peut sauver la patrie. « A part nous-mêmes, il n’y a pas grand monde pour croire en nos chances, souligne Antoine Erbani. Et finalement, c’est assez excitant d’être dans cette position. On aura à cœur de montrer que les pronostics se trompent aussi parfois, les fans de football que nous sommes ne le savons que trop bien. » L’avenir nous le dira.

Dimitri Laleuf

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