La rentrée de toutes les incertitudes


La rentrée scolaire, c’est lundi. Et dans les établissements du Lot-et-Garonne, il risque d’y avoir quelques surprises. Le syndicat des enseignants SE-Unsa s’interroge sur de nombreux points. Si les données prévisionnelles annoncent 29 715 enfants dans le premier degré (maternelle et élémentaire) et 21 765 dans le second degré, la réalité pourrait être différente. « Le comptage officiel ne sera fait que le jour même de la rentrée, le 4 septembre, par l’inspection académique », explique Laurent Lapeyre, secrétaire départemental de SE-Unsa. Patrick Cassany, le maire de Villeneuve-sur-Lot, précise par exemple que dans sa commune, « de nombreuses inscriptions se sont faites tard dans l’été ». Une tendance qui ne facilite pas l’anticipation. En fonction des forces en présence, des ouvertures de classe ou des fermetures seront décidées, engendrant ainsi des affectations de dernière minute pour les personnels et le corps enseignant ainsi qu’une organisation à repenser pour les familles. « D’autre part, la suppression de nombreux contrats aidés par le gouvernement car jugés coûteux et inefficaces, risque d’impacter la rentrée. Cela concerne des fonctions indispensables, de la cantine aux aides administratifs en passant par les animateurs du périscolaire, les aides au transport et à la sécurité, les AVS qui accompagnent les enfants handicapés… On sait que cela va toucher 900 postes en Aquitaine mais on ne connaît toujours pas la répartition pour le Lot-et-Garonne », poursuit Laurent Lapeyre. Dans d’autres régions, certaines communes n’ont d’autre choix que de reporter la rentrée.

Manque de stabilité

Concernant les rythmes scolaires, 80 communes du département ont obtenu une dérogation pour revenir à la semaine de quatre jours. Les principales sont Foulayronnes et Castelculier en Agenais, Casseneuil et Bias en Villeneuvois ainsi que Fumel et Montayral. Quatorze autres ont fait la demande, sans obtenir un avis favorable à l’image de Sainte-Livrade. « Encore une fois, il est regrettable que cela ait été décidé au dernier moment, ne laissant pas toujours le temps aux familles de s’y préparer », déplore le secrétaire départemental SE-Unsa. Il ajoute : « C’est la conséquence de réformes engagées trop rapidement. Notre syndicat a soutenu le passage à quatre jours et demi, convaincu que c’est le meilleur choix pour les enfants, mais on n’a pas créé une économie du périscolaire pour que cela fonctionne. Et derrière, certains commencent à défaire ce qui vient d’être fait. C’est la même chose pour la réforme du collège en plein détricotage. Certains vont l’abandonner dès cette année avec un retour des classes bi-langues et des sections latin-grec. D’autres vont conserver les classes dédoublées et le co-enseignement. Il faut un peu plus de stabilité dans l’Education nationale. En quinze ans, on a eu huit ministres différents et autant de réformes. On ne peut pas travailler sereinement ». A cela s’ajoute un manque d’attractivité certain de notre territoire. A l’image de la désertification médicale, le Lot-et-Garonne n’attire pas les enseignants. « De nombreux jeunes stagiaires affectés ici préfèrent démissionner et repasser le concours pour rejoindre un autre secteur géographique », avance Pascal Dauliac, secrétaire en charge du premier degré. Conséquence, au moins cinq postes sont encore à pourvoir. Autant dire cette rentrée ne se présente pas sous les meilleurs auspices.

Dimitri Laleuf

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