Spécial final – Taylor Paris, une prestation capitale


À l’Hôtel des cœurs brisés, les jeunes Agenaises ne sont plus seules. Les Usapistes, joueurs et supporters, les rejoignent, eux aussi victimes de Taylor Paris. Cette fois-ci, ce ne sont pas ses talents de séducteur qui ont fait des ravages, mais bien sa pointe de vitesse et ses appuis imprévisibles. Son essai après une course de plus de 100 mètres à la 47e minute de la demi-finale dimanche dernier, Aimé-Giral ne s’en est toujours pas relevé. Et pourtant, l’entame catastrophique du SUA ne laissait pas présager une telle résurrection. « On n’a pas bien commencé du tout, on était contre le vent », résume Taylor Paris. Vents contraires, à 16-0, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais la réaction agenaise par l’intermédiaire de Benjamin Pètre et Aidan Toua a permis au groupe de regagner les vestiaires avec le plein de confiance et un retard comptable plus du tout insurmontable. Il n’en fallait pas plus pour mettre sur orbite la flèche canadienne en  début de seconde mi-temps. Parti de son propre en-but après une récupération quasi miraculeuse, Paris s’est lancé dans un sprint monumental de 15 secondes, a évité la cuillère de Jonathan Bousquet et s’en est allé aplatir le cuir entre les perches.

Au bon souvenir du rugby à VII

Un cri rageur pour dissimuler la fatigue d’un tel effort, « j’étais mort », et surtout sept précieux points à la clé. « Ce n’est pas souvent que l’on voit des espaces comme ça au XV, alors je me suis dit pourquoi pas. Ça se terminait soit en touche, soit en essai ». La fin, on la connaît. Les tribunes, elles, se sont tues.
Son expérience du rugby à VII ne lui a pas seulement servi à poser un magnifique essai « coast to coast », comme diraient les Anglo-Saxons. Le 11 Bleu et Blanc sait également s’arracher en défense. Sur la percée de David Marty à un quart d’heure de la sirène, le Sporting n’en menait pas large. C’était sans compter sur Taylor Paris. « Quand je jouais à VII, j’étais souvent placé en dernier rideau, donc j’ai quand même vécu quelques actions similaires », se remémore-t-il. La main baladeuse du trois-quart agenais a eu raison de la légende catalane. « J’ai toutefois eu de la chance que Lamoulie fasse trébucher Marty, sinon, je n’aurais pas pu l’empêcher de marquer », avoue modestement celui qui était le plus jeune joueur sélectionné pour le Mondial 2011 en Nouvelle-Zélande (18 ans à l’époque). De la chance peut-être un peu. De la réussite, incontestablement. Tout a d’ailleurs souri à Taylor Paris en cette après-midi incroyable à tous les niveaux. Hormis son trou d’air sur l’essai de Sione Piukala à la 7e minute, il a fait ce que l’on attendait de lui, à savoir être décisif. Son deuxième essai du match, le onzième de la saison, en est la parfaite illustration. La redoublée entre Francis et Pètre, la sautée du buteur puis la fixation de Lamoulie sont des modèles du genre. Celui qui termine cependant l’action et récolte les lauriers, c’est bien l’ailier. Deux essais faciles à transformer et un sauvetage. Par ces trois actions capitales, le jeune homme a frappé la rencontre de son sceau. Paris a été « magique ». Mais réduire la qualification à ses seuls exploits serait exagéré. Il le dit lui-même, ce sont les 23 qui ont fait gagné le match. Lui, a simplement « fait ce qu’[il] avait à faire ».

Dimitri Laleuf

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