Spécial Finale – Marc Giraud // L’Agenais qui fait swinguer les Montois


Après la très éprouvante demi-finale contre Perpignan durant laquelle il a beaucoup donné, Marc Giraud méritait bien un petit moment de détente. Un petit golf par exemple. Justement, on pouvait le trouver cette semaine dans celui de Mont-de-Marsan, futur adversaire du SUA en finale de Pro D2. Mais le troisième ligne n’était pas là pour travailler son swing. Marc Giraud est le gérant du restaurant du golf depuis maintenant deux ans.

Issu d’une famille de restaurateurs, Marc a grandi dans ce milieu. Et avant de devenir rugbyman professionnel, le garçon est passé par une école hôtelière pour être cuisinier. « Je ne sais faire que ça », dit-il. Allez le demander au pack de l’Usap, ils vous répondront que Giraud manie aussi bien le ballon ovale que ses couteaux. Loin de le distraire, travailler en dehors du rugby lui a au contraire été très bénéfique. « Ça m’a fait prendre du recul. Au rugby on est complètement déconnectés. Avec le restaurant, je constate les problèmes de la vie réelle, je vois les gens qui galérent. Alors j’apprends à savourer les satisfactions et à relativiser les échecs. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir cette vie et de ressentir des émotions aussi fortes ». À en juger par ses larmes après 100 minutes de combat, il a effectivement appris à savourer. « J’ai dit aux gars que cette demi-finale serait l’un des plus grands souvenirs de ma carrière si, et seulement si, on gagne dimanche ». Un moment qu’il racontera probablement dans son restaurant.

Pas d’ambiguïté

Quant au choix de s’installer dans la préfecture des Landes, l’intéressé explique : « C’est Mont-de-Marsan qui m’a fait signer mon premier contrat professionnel, qui m’a donné ma chance. » Son passage à Montpellier puis son arrivée à Agen en 2011 n’y changeront rien. Le natif de Toulouse se sent Montois, et reste profondément attaché à son premier club, son « club de coeur » où jouent encore certains de ses « potes » de l’époque.

Il n’en reste pas moins professionnel et se battra bien avec les tripes dimanche pour faire remonter le SUA dans l’élite. « Il n’y a pas d’ambiguïté ni de double jeu affectif. Je serais extrêmement déçu de perdre ce match, prévient-il. Mais contrairement à l’an dernier où l’on s’était incliné contre La Rochelle avec qui je n’avais pas de lien, là au moins je serai content pour eux s’ils gagnent. »

Un labrador pour jouer

Marc Giraud assume parfaitement de porter la tunique bleue et blanche, même en terre hostile. Cela lui vaut d’ailleurs quelques railleries de la part des habitués, pour la plupart supporters du Stade montois. « On m’a proposé un labrador pour jouer la finale », raconte-t-il amusé. Il faut dire que le numéro 8 traîne un joli cocard l’empêchant d’ouvrir l’oeil gauche en début de semaine. « Ça reste bon enfant. Ce sont les petites histoires du rugby qui doivent perdurer. À la limite, c’est plus virulent pendant la saison », précise-t-il. Avec son serveur Bernard, fan des Jaune et Noir depuis un demi-siècle, ils aiment à se chambrer gentiment. « Ce n’est pas parce que Marc est là qu’on va supporter Agen. Nous on veut le voir perdre dimanche », assume Laetitia, la secrétaire du golf, le sourire quand même au coin des lèvres.

Marc Giraud a resigné au Sporting pour les trois prochaines saisons. « Depuis qu’on est descendus en Pro D2, j’ai fait partie du projet de reconstruction et j’ai envie de continuer ». Les guerres de chapelles au golf et les allers-retours entre les Landes et Armandie ne vont pas cesser tout de suite.

De notre envoyé spécial à Mont-de-Marsan Dimitri Laleuf

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés