Toua : ce Papou est un grand !


La Papouasie-Nouvelle-Guinée, un peu plus de 6,5 millions d’habitants, n’est pas connue comme une terre d’Ovalie. Et pourtant, l’un de ses enfants, qui arbore dorénavant la nationalité australienne, a frappé un grand coup dimanche dernier, face à Perpignan. L’ailier Aidan Toua a enfin fait parler la poudre en inscrivant un essai et en lançant parfaitement Taylor Paris sur son essai de 100 mètres. « Formidable ! L’un des plus beaux que j’ai jamais vu », assure-t-il.  Et sa course victorieuse à la 34e minute ? « Ah ça, ce n’était pas prévu à l’entraînement, je peux vous l’assurer, ce n’est pas une combinaison qu’on a travaillée. »

Il s’excuse auprès de Burton Francis

Comment aurait-il pu en être autrement tant ce mouvement sent bon le french flair d’un Darbo perforeur puis passeur pour la foudre Toua. « Je vois Darbo qui se crée un espace et qui part, je sens qu’il se retourne et je lui fais signe de l’envoyer devant. »
Et pourtant, pas de jubilation pour ce professionnel qui a découvert le haut niveau sur le tard. Des regrets même. « J’aurais dû applatir au milieu des poteaux, je m’en suis voulu, cela aurait été plus facile pour la transformation de Burton, je me suis excusé auprès de lui après. »
Aussi imprévisible que ses appuis courts, le finisseur est avant tout collectif et ne s’attarde que très peu sur sa situation personnelle.

« Dur de jouer en hiver »

Le monde à l’envers ? Pas faux, d’autant que celui qui a fait ses classes à l’autre bout du monde, dans l’équipe australienne des Queensland Reds, n’a pas eu beaucoup de raisons de se réjouir cette saison. Gêné par des blessures récurrentes, notamment au genou, il a dû également s’acclimater  à sa nouvelle vie dans un pays étranger. En quelques mois en France, il n’a pas eu le temps de maîtriser la langue, mais a vite découvert une autre réalité : le froid. « C’était très dur de jouer en hiver », confie-t-il. Le jeu aussi est bien différent du Super 15. « C’est un jeu d’attaque, de courses et il y a peu de temps morts. Ici, c’est plus lent mais beaucoup plus physique. La mêlée est, par exemple, très importante en France. Et le public est très passionné, c’est génial de jouer devant nos supporters. »

Le rôle  des lignes arrières

Un soutien populaire qu’il espère bien fourni et bruyant dimanche pour la finale. « Quand j’entends la foule pousser, crier, ça me donne encore plus envie. » Car, il l’assure, « on peut la gagner cette finale ». Et les lignes arrières auront un rôle décisif lors de la confrontation contre Mont-de-Marsan. « Cela sera un match fermé. A nous de savoir soulager nos avants quand nous aurons les ballons et de profiter des moindres intervalles. On sait qu’il n’y aura pas beaucoup d’espaces. Mais en tout cas, je sais que cette fois, j’aplatirai le ballon au centre des poteaux. » Voilà les Montois prévenus.

Gauvain Peleau-Barreyre

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