Zad de Sainte-Colombe-en-Bruihlois // Jospeh Bonotto veut « parler à Jean Dionis »


Le « V » de la victoire se dessine sur la main de Joseph Bonotto. L’audience qui s’est déroulée mardi au tribunal d’Agen a accouché d’un renvoi, au 2 juin. Cette procédure en référé devait statuer sur le sort de deux Zadistes et sur leur implication dans l’occupation d’une propriété acquise par l’Agglo en vue de l’aménagement du technopole Agen-Garonne (TAG). Si l’illégalité d’une telle initiative ne fait pas de doute du côté de la collectivité, les zadistes, leur hôte et leur avocat Me Bruneau ont démenti les accusations de dégradations du bien et la caractère « d’urgence » de la procédure.

« On détruit pas, on rénove »

« Cette Bergerie est inoccupée depuis 50 ans, ce ne sont pas quelques jours en plus qui vont faire la différence », résume ainsi le conseil. Un délai supplémentaire qui lui permettra également de préparer sa défense au mieux, notamment pour que ses clients accédent à l’aide juridictionnelle.
« Ce n’est pas une surprise, explique Sam, 28 ans, l’un des mis en cause, cette procédure n’est pas une priorité… En plus on nous accuse de dégrader le bien, mais c’est tout le contraire, on le rénove ! » Patrice Vermond, leur plus proche voisin venu à Agen les soutenir, comme une trentaine de zadistes, abonde dans leur sens. « Ce ne sont pas des casseurs, ce sont des gens normaux qui ne m’ont jamais gêné. Ils ne menacent personne. »

« Menaces de la milice »

Pourtant, à les écouter, des « menaces » existent bien. Mais elles ne sont pas de leur fait. Joseph Bonotto, l’agriculteur qui avait invité les militants écologistes pour défendre ses terres concernées par le projet de TAG le 13 décembre dernier, n’y va pas par quatre chemin. « En octobre, les agriculteurs mettent le feu à Agen, le feu ! Et la mairie ne porte pas plainte. Et là des braves gens occupent une maison abandonnée et ce sont des criminels ? » Et de continuer. « C’est nous qui sommes menacés par les forces d’action rapide, ces milices créées par la Coordination rurale et soutenues par la Chambre d’agriculture. »
Le dialogue semble-t-il dans l’impasse pour autant ? Pas pour l’agriculteur de Sainte-Colombe, qui lance un appel au président de l’Agglo : « On veut voir Jean Dionis, qu’il sorte de son bureau et qu’il vienne se rendre compte de ce qui se passe sur le terrain et non sur ses papiers. Nous voulons discuter. » Le message sera sûrement entendu, mais restera-t-il lettre morte ? A suivre…

Gauvain Peleau-Barreyre

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